Un financement pérenne pour trouver le bon rythme pour tous les enfants !

Publié le par Christine

Un financement pérenne pour trouver le bon rythme pour tous les enfants !

Dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires initiée par le décret n° 2013-77 du 24 janvier 2013 relatif à l'organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires, la FCPE nationale lance une large pétition demandant la mise en place d’un financement pérenne des nouvelles activités périscolaires, prenant le relais du fonds d’amorçage à la rentrée 2016.

L’organisation du temps scolaire en France impose aux élèves une charge de travail quotidienne parmi les plus élevées du monde, sur une des années scolaires les plus courtes. En 2008, le passage dans les écoles à la semaine de 4 jours a été critiqué par tous les spécialistes : en effet, les écoliers français n’ont plus que 144 jours de classe par an, contre 187 jours en moyenne pour les pays de l’OCDE. En revanche, le volume horaire annuel est l’un des plus importants des pays de l’OCDE. De ce fait, la journée des écoliers, collégiens et lycéens français est plus dense et plus chargée que celle de la plupart des autres élèves dans le monde.

Plusieurs rapports rédigés par des experts issus du monde de la recherche ou de l’académie de médecine ont souligné cette inadaptation qui nuit aux apprentissages. Les conclusions du rapport sur les rythmes scolaires de juillet 2011 préconisent un allègement des heures d’enseignement sur la journée, avec un étalement sur 9 demi-journées et un allongement de l’année scolaire.

Depuis plusieurs années, de larges débats ont été engagés par la communauté éducative sur la question des rythmes scolaires, lors d’ateliers sur la loi de refondation de l’école ou au travers de l’appel de Bobigny. Un point de consensus s’en est dégagé : il est nécessaire de changer l’organisation du temps scolaire afin que les élèves français connaissent des journées de classe moins denses et que les heures d’enseignement soient mieux étalées sur la semaine et l’année.

La réforme des rythmes scolaires initiée par le décret n° 2013-77 du 24 janvier 2013 relatif à l'organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires s’inscrit dans le prolongement de ces travaux.

Cette réforme est ambitieuse car il ne s’agit pas seulement de réduire les temps d’enseignement dans la journée mais d’organiser également des temps éducatifs au travers d’un projet global qui prend en compte tous les temps de l’enfant : temps de classe, temps de travail personnel, temps d’activités périscolaires, temps de restauration au sein des écoles, temps de transport… Cette cohérence éducative a notamment prouvé son efficacité pour diminuer le nombre d’enfants en difficultés à la fin du primaire.

En effet, les enfants passent beaucoup de temps à l’école ; il est donc important de pouvoir proposer un complément éducatif notamment à ceux qui n’ont pas accès à des activités culturelles, sportives ou musicales en dehors de l’école. Des études ont montré l’importance de ces temps dans la réussite des élèves : pour certains cela peut-être l’occasion de reprendre confiance en l’école, pour d’autres l’occasion de découvrir d’autres formes de culture, de développer leur curiosité ou leur envie d’apprendre en développant une vraie complémentarité entre les différents acteurs.

En outre, la mise en œuvre des nouveaux rythmes scolaires a eu comme conséquence pour les communes concernées, le redéploiement des activités périscolaires existantes ou le développement de nouvelles pour assurer la prise en charge des enfants lorsqu’ils n’ont pas classe. Davantage d’enfants bénéficient aujourd’hui de ces activités éducatives, complémentaires de l’Ecole.

Pour inciter et aider ces communes à accompagner la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires dès la rentrée 2013, et ainsi introduire plus d’égalité dans les écoles de France, l’article 67 de la loi n°2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République a institué la création d’un fonds d’amorçage permettant un financement par l’état des nouveaux temps périscolaires, dégagés par la réforme. Modulable selon la situation locale, il a été reconduit pour les années scolaires 2014/2015 et 2015/2016 mais n’est pas inscrit dans le temps. Une aide spécifique pour accompagner les communes dans la mise en place des rythmes a également été fléchée dans la nouvelle convention d’objectifs et de gestion de la CNAF signée pour la période 2013/2017. De même, rien n’est assuré après 2017.

Par conséquent, il convient aujourd’hui de garantir un financement pérenne par l’Etat de ces nouveaux temps d’activités périscolaires, afin de s’assurer que sur l’ensemble du territoire, chaque enfant puisse en bénéficier. Ce financement est une condition préalable à l'accès de tous à ces nouveaux temps périscolaires sans discrimination et gratuitement pour les familles.

C’est pourquoi la FCPE nationale lance une large pétition pour demander un financement pérenne par l'état des nouveaux temps périscolaires. Il sera versé aux communes et conditionné à la construction d’un projet éducatif concerté (associant enseignants, parents, élus locaux, ….) et piloté (mise en place d’un comité de pilotage de suivi et d’évaluation). Il faudra également imposer un cadre qui garantisse que ce financement réponde bien à l’objectif que nous avons fixé : permettre l’accès à tous les enfants à ces activités périscolaires, sans discrimination et sans alourdir le budget des familles. De même, il conviendra de s’assurer que les financements versés soient bien réservés aux communes qui ont une ou des écoles publiques et qui développent des activités périscolaires.

Portée par les sénateurs et les députés, cette demande pourra prendre la forme d’une proposition de loi et d’un amendement (ou autre objet législatif) lors de la loi de finance qui sera votée fin 2015 par le sénat et par l’assemblée nationale.

Pour que la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires en primaire contribue à la réussite de tous les enfants, il est important de signer et de faire signer largement cette pétition.